Parc National du Kakadu en compagnie de Julie, Tibo et … Chantal?

Il y a quelques jours, j’arrivai à Darwin, dans le Territoire du Nord, là où la terre est rouge et la chaleur souvent accablante. Le Northern Territory est l’état dont la population aborigène est la plus importante, et déjà à Darwin, on voit la différence dans les rues. La raison de mon départ de la Côte Est pour cette autre contrée était principalement mon envie de rejoindre Julie et Tibo, deux copains de l’UTC, fraîchement arrivés au pays d’Oz. Je voulais également rencontrer celui dont on m’avait tant parlé, le van des amoureux, répondant au doux nom de Chantal (seuls les initiés ou les Ch’ti comprendront).

Après avoir approvisionné le van pour notre expédition dans les terres arides (de la bouffe et environ 45 litres d’eau), m’étant équipée de la chaise de camping pliable essentielle dans de telles conditions de voyage, c’est parti pour la route du Kakadu National Park (pour les petits rigolos, n’est-ce pas Tibo, cela se prononce « caca doux »). Ce parc est immense (19 000 km2), on avait donc prévu une bonne semaine d’excursions.

Dans cette région, il y a 2 saisons : la sèche et celle des pluies. Nous sommes en pleine saison sèche, ce qui est plutôt pratique pour visiter le coin car en saison des pluies, la majorité des routes est impraticable. Parfois quelque peu difficile à imaginer, surtout lorsqu’on emprunte des routes au milieu d’une végétation aride malgré tout parsemées d’indicateurs de montée des eaux dont la graduation peut aller jusqu’à 4m. Et oui, les inondations ici c’est chaque année et ça ne se compte pas en centimètres!

Autre image de la démesure du pays, la taille des termitières et surtout leur nombre. Elles sont partout et franchement quand je réfléchis à la quantité de bestioles pouvant contenir un seul de ces dômes étranges, ça me fout les jetons. Les bestioles grouillantes, pas mon truc.

Notre première étape dans le parc est Ubirr, site connu pour ses peintures rupestres. Nous pouvons assister à des discussions au sujet de ces peintures ou de la culture aborigène en compagnie de rangers (pas vraiment aborigènes) sur différents sites. Nous en apprenons un peu plus sur cette culture si complexe. On comprend la forme des discours mais pour ce qui est du fond, c’est autre chose. Les fondements, les histoires, le Temps du Rêve, le système familial, l’organisation… tout est très compliqué, nous arrivons à cerner quelques histoires mais la plupart des choses reste très confuse. Je ne me lancerai donc même pas dans un bref résumé, je ne voudrais pas dire de conneries. Je me contenterai donc de vous montrer quelques images, à vous ensuite de faire vos propres investigations si vous voulez des détails. On n’est pas chez Wikipédia ici.

Nous posons ici devant une peinture représentant le Serpent Arc-en-Ciel, ancêtre très important dans la culture aborigène, et ce, à travers toute l’Australie.

Le soir même, après une courte marche entre les rochers, nous avons droit à un chouette coucher de soleil se reflétant dans l’eau (enfin ce qu’il reste).



En voyant cette eau, nous pensons à la chaleur, la poussière et les mouches, certes moins présentes que dans le Centre et nous espérons de tout coeur que malgré la saison sèche, il en subsistera par endroits suffisamment pour que l’on puisse se baigner…

Dès le lendemain, direction Jabiru pour observer des paysages toujours aussi envoûtants.

Lors de notre balade, nous avons même une chance incroyable car nous tombons nez à nez avec un Black Kangaroo, il n’y en a qu’ici et il est très rare de les voir. Nous sommes ravis!

Nous avons même l’occasion de nous promener le long d’une rivière et de billabongs (non les amis, billabong n’est pas qu’une marque de surfwear, c’est aussi une petite mare). Et lors de cette marche, Tibo aperçoit soudain dans l’eau un croco, qui s’empresse de se cacher sous l’eau. Nous savons que les crocos sont très présents dans le coin et ce n’est pas faute d’avoir été prévenus.

Ceci dit, la plupart sont des crocodiles d’eau douce, bien plus timides que ceux que j’ai pu apercevoir lorsque j’étais dans le Daintree, même si les crocodiles d’eau salée sont paraît-il aussi dans le coin. Bref, difficile de dire quel genre de croco était celui qu’on a vu mais je peux vous dire que nous ne faisions pas les fiers et que nous n’avons pas traîné dans le coin. Très courageux, on a couru. Voilà.

Nous (appelez-nous dorénavant Crocodile, Indiana et Lara, Lara c’est moi, hé) nous sommes ensuite dirigés vers Nourlangie Rock, d’où l’on peut apercevoir au loin le plateau de la Terre d’Arnhem. Pour la petite histoire, cette terre est la dernière où les aborigènes vivent dans la plus pure tradition. Il s’agit d’ailleurs de demander un permis longtemps à l’avance pour pouvoir s’y aventurer.

Ce site regorge de peintures rupestres très bien conservées et magnifiques, illustrant les ancêtres et la vie des aborigènes. Certaines, plus récentes, représentent l’Homme Blanc accompagné de sa gentille arme à feu.

Puis direction Yellow Water, qui ressemble plus cette fois à un marécage regorgeant de faune et de flore, mais ceci dit moins dépaysant.

Prochaine étape : Maguk. Il faut dire que nous sommes plutôt motivés. On sait déjà qu’on ne pourra pas aller visiter LE coin touristique du Kakadu, à savoir Les Jim-Jim et Twin Falls qui sont des cascades qui même pendant le dry seraient sympas à voir. Malheureusement, il faut faire 60 km de piste pourrie en 4×4 pour y aller. En effet, beaucoup de pistes ne sont accessibles qu’avec ces gros engins, notamment celle de plusieurs dizaines de kilomètres qui mène à Maguk justement. Mais l’appel de la baignade est trop fort. Ainsi, après avoir eu l’avis d’un ranger nous disant qu’à cette période il était possible d’y accéder même sans 4×4, nous mettons toute notre confiance en Chantal et nous voilà partis secoués sur la piste.

La route, en dehors du fait que les vibrations dans le van sont proches de nous rendre sourds, est plutôt belle. Nous croisons des feux de brousse, souvent intentionnellement déclenchés par les aborigènes donc à priori contrôlés. Malgré tout, le ciel est souvent enfumés et les flammes arrivent parfois sur le bord de la route. Des parties entières de la végétation sont noires, exceptées les termitières toujours innombrables.

Après de longues minutes de doutes à nous demander si ce que nous faisions était bien raisonnable (ça nous arrive de réfléchir de temps en temps quand même), et après avoir croisé un certain nombre de 4×4 dont les occupants prenaient toujours la peine de nous demander si tout allait bien (rassurant, on ne sait jamais), nous arrivons enfin à Maguk. Et là, que du bonheur! Tout d’abord une marche très sportive et à pic sous un soleil de plomb pour avoir une vue d’en haut.

Puis la vue d’en bas, moins fatigante et rafraîchissante car nous pouvons enfin nous baigner dans une eau claire et chaude.

Avant de finir notre « petit » trip dans le parc du Kakadu, nous décidons d’aller faire un saut vers un autre site où nous pourrons nous baigner : Gunlom. Là encore, une frêle cascade dégouline de la falaise et le petit réservoir d’eau en aval ne nous inspire pas plus que ça. Nous décidons donc d’aller en haut et c’est une fois de plus après une marche très abrupte dans les rochers que nous arrivons quasiment seuls à des piscines naturelles. Un Goanna (gros lézard) pêche non loin de là.

Cette découverte du Kakadu m’a vraiment plue et puis j’aurais pu découvrir un autre moyen de voyager en Australie : en van avec des copains. Je dois dire que c’est sans doute celui que je préfère. Ce qu’il y a de bien dans l’Australie typique, celle de l’Outback, c’est qu’il y a tellement peu de monde que forcément quand tu croises quelqu’un sur la route, tu lui fais coucou, et il te répond. Vous imaginez faire la même chose à Paris? Et puis, la terre rouge, les cadavres de kangourous sur le bord de la route, les mouches qui ne cessent de vous titiller le nez, les oreilles, la bouche ou les yeux, le fait de dormir dans un endroit différent chaque soir, parfois sans tout le confort espéré tout ça en sentant le soleil qui vous brûle la peau, bref, ici on se sent presque comme des aventuriers.

D’ailleurs, moi, Lara, ai décidé de pousser un peu plus au sud avec Crocodile et Indiana, direction Katherine et ses Gorges dans le parc du Nitmiluk, mais ça c’est une autre histoire…


3 responses to “Parc National du Kakadu en compagnie de Julie, Tibo et … Chantal?

  • Olivo

    Marloon l’aventurière!
    trop bien ce post, j’avais l’impressoin d’être dans Chantal en lisant tout ça!
    Très belles photos, ça a du te faire du bien de passer du temps avec tes amis..
    On pense bien à toi.

    ps: lhéritier a enfin craché ses cautions!!! ouffff

    Grooooooooos bisous

  • yvano jean claude

    de magnifiques photos, de magifiques paysages,
    big bisous
    JEAN CLAUDE

  • specialk13

    Wow… tu es chanceuse, tu as plein de gens qui sont venus te voir là-bas!! J’ai hâte de prendre autant de belles photos en tout cas😉

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