Je ne vous ai pas oubliés…

…Je suis juste sans Internet…
Bon je dois d’abord vous dire que ça fait vraiment plaisir de voir que vous allez sur le blog et aussi que vous vous inquiétez pour moi.
Petit baisse de régime pour écrire et je vous avoue que ça m’a manqué, mais je vais me rattraper avec ce post sûrement un peu long et sans photos…
C’est parti. Lundi dernier, série de coups de fil afin de trouver un job. Je ne me démotivais pas.
Je tombe sur une annonce de pears et apples picking (tout le monde a compris je suppose) et là je tombe sur un type nommé Barry avec un accent incompréhensible qui me dit de venir dès l’après-midi dans un petit bled à 30 bornes d’Adelaide pour commencer à travailler dès le lendemain.
Je saute sur l’occasion sans vraiment me poser de question, annule ma réservation du soir dans l’auberge de jeunesse où j’étais et me prépare à galérer en bus pour aller dans ce patelin paumé. Après une heure sous 40 degrés avec 30 kilos de bagages dans un mini bus sans clim, je m’arrête à une taverne à Cudlee Creek, genre far west américain. Là, (lucky me!), je me dirige vers la cabine téléphonique pour appeler Barry et lui demander où je dois me rendre. A ce moment un mec tatoué de partout, la bière à la main, la quarantaine, répondant au doux nom de Brandon (beaucoup moins glamour que celui de Beverly Hills) mais aussi surnommé « Killer » (je ne sais pas pourquoi et j’avoue que je n’ai pas vraiment envie de le savoir) me parle de Barry et me dit qu’il devrait arriver. En tout cas je n’ai pas le choix, je dois attendre parce que de toute façon le téléphone ne marche pas.
Là, petit coup de flip, qu’est-ce que je fous dans ce trou? Je n’ai pas de téléphone, il n’y a plus de bus avant le lendemain, je ne sais pas où je vais dormir…Bref, je reste malgré tout plutôt zen.
Après une bonne heure d’attente à l’ombre, Barry arrive légèrement éméché mais bon, je commence à me dire que c’est une coutume locale…
Il me présente le lieu (il faut dire que j’ai eu une bonne intuition en m’arrêtant là parce qu’avec son accent j’avais à peine compris le nom du bled). Me voilà entourée de mecs qui ont l’air de ceux qu’on voit dans les films quand les personnages principaux sont au milieu de nulle part et rentre dans une cafétéria. Là encore bière à la main, petit joint accessoirement (ici, c’est légal), grosse barbe, tatoos, la peau abîmée par le soleil et le travail dans les vergers.
Barry me montre la tente où je pourrai dormir (un peu crade mais je ferai avec) et me voilà plongée dans une autre époque. Par contre, l’endroit est plutôt joli, en pleine nature avec une petite rivière. Il y a un parc juste en face et la nuit les koalas viennent dans les arbres à côté de ma tente mais je n’en ai pas encore vu. Il y a des kangourous et des cacatoès partout (vous savez les oiseaux qu’on trouve super beaux en photo ou dans un zoo en Europe mais qui ici sont insupportables, il font un bruit du tonnerre de 6h00 à 21h00).
Par chance, je tombe sur un couple d’anglais très sympa qui m’ont même filé de la bouffe pour le premier jour parce qu’il n’y a même pas une petite épicerie (ah douce France).
Je me dis quand même que je vais faire le premier jour et que je verrai bien, car par ici c’est ben payé et au moins j’ai du boulot.
Premier jour donc. Lever à 6h du mat’ (coooooool) quand il fait encore bon (i.e. 25 degrés) et Barry me dit d’aller avec les mecs à la voiture blanche, je ferai partie de l’équipe des poires, hé.
Dans la voiture, il y a Will, un australien qui fait ça tout le temps et qui n’a même pas encore sa full driving license (un peu comme notre A français) et qui conduit, enfin, qui « pilote » plutôt, parce qu’il a tendance à prendre les routes très sinueuses du coin pour un circuit de rallye. Les pneus crissent et le bas de caisse frotte sans arrêt sur la route dans les virages (je n’exagère pas du tout).
Il y a aussi Steven et Kevin, deux irlandais toujours fauchés car ils dépensent toutes leurs payes dans la bière et l’herbe. L’un d’eux a l’air d’un hooligan (« irlande » tatoué sur le ventre, un code barre avec « made in eire » dans le cou, une mitraillette sur la jambe et bien d’autres encore). Ils sont tout le temps défoncés et on un accent incompréhensible mais ils sont sympas.
Il y a Nathan, australien, qui bosse tout le temps. Il y a Jason, aussi australien, impossible de deviner son âge, il a une chevelure massive, une grosse barbe et une casquette tout le temps vissée sur la tête, je ne vois jamais ses yeux.
Bref, autant vous dire que je ne suis pas avec des mecs genre beaux surfers.
Après 5 minutes de voiture, on arrive dans le verger où il y avait un kangourou (le premier que je vois en liberté). Et là, c’est parti pour 9 heures à cueillir des poires sous une chaleur brûlante, dans la poussière. Mais rien de surprenant en fait, je m’étais plutôt bien préparée psychologiquement.
Je travaille donc depuis mardi et c’est pour cette raison que je n’ai pas pu donner de nouvelles avant car il n’y a rien là-bas. J’espère tenir encore une semaine et demie car c’est plutôt bien payé.
Je suis revenue à la civilisation pour le week-end grâce aux deux français qui travaillaient (hier était leur dernier jour) au même endroit et qui m’ont ramenée avec leur new beatle rouge décapotable ancien modèle achetée ici pour 3000$, autant dire que dalle!
Au final, je me dis que ce n’est pas si mal, car ils ne sont pas méchants, mais ça reste l’Australie profonde (il ne faut pas trop les chercher quand ils ont un peu trop bu et qu’on est un mec et il faut éviter des sujets comme le racisme). Ils sont tous toute la journée défoncés ici, donc c’est quand même un peu rassurant de savoir qu’il y a d’autres européens comme moi mais après presque une semaine avec eux, je pense que tout ira bien.
Hier, Barry s’est enguelé avec JB et Yohann (les deux français), il les a traités de « fucking french » (ils aiment bien le « fuck » ici, traduction d’une phrase typique du coin : « Putain, j’en ai marre de ce putain de job à cueillir ces putains de poires dans ce putain d’arbre sous ce putain de soleil, putain! »).
Voilà en détail mes dernières aventures, allez reposer vos petits yeux maintenant (pour ceux qui ont lu jusqu’ici).


10 responses to “Je ne vous ai pas oubliés…

  • Olivo

    C’est énooorme Marloon!!!!!
    Chui trop fier de toi!!
    Je t’imagine trop sur la voiture blanche hahaha…
    il aime les experts barry?

    Bon économise bien heiinn. Courage avec les poires aux kangourous…

    Gros Gros Gros Bisous

    Olivo

  • marloon

    et oui moi aussi je suis plutot fiere je ne me serais pas crue capable d un truc pareil…
    mais j avoue que j ai hate d aller enfin a la plage…

  • marloon

    et puis non Barry ne connait meme pas les experts…

  • marion

    j’adoooooooore ton blog ma cousiiine!!!ca faisait plusieurs jours que je venais et que rien ne changeait donc j’attendais avc impatience de nouvelles aventures et voila ce matin 10h surpriiiiiiiise!!!!

    Franchement tu nous as bien fait rire et théo et moi on se demande pourquoi tu n’écrirais pas un livre « une francaise au milieu des kangourous » (ou tout autre titre) parce que tu as de grosses qualités d’écriture « il a une chevelure massive », « les pneus crissent et le bas de caisse frotte » j’adoooooooore c’est délirant!!!!

    gros gros bisous

    ps;je suis fan de ton blog!!!

    tu nous manques!!!

  • Julie

    Contente d’avoir eu de tes news marloon.
    De notre côté, nous revenons du carnaval de Dunkerque… on n’est pas mort dans les chahuts :o)
    Parait même qu’on était aux infos sur la 2 ce soir ! Le JT n’a pas encore été mis en ligne alors j’attends demain pour vérifier cette information.. lol

    Amuse toi bien avec l’Australie profonde !
    bises

  • Sarate

    Moi je dis vive l’équipe des poires :-))

    Contente de te lire cooz !
    gros bisous
    ++

  • MiMi

    trop bien ecrit marloon ton recit!!! on s’y croirait… bravo et merci pour le mini voyage (par la lecture)
    des gros bizoux😉

  • MiMi

    trop bien ecrit marloon ton recit!!! on s’y croirait… bravo et merci pour le mini voyage (par la lecture)
    des gros bizoux😉

  • db

    Bonjour Marloon

    J’aimerais avec votre permission publier votre expériénce sur mon site Entre Nous, qui s’adresse à des étudiants de FLE australiens.
    Je crois que les impressions d’une française downunder interessera des Australiens francophiles, sans compter les avantages linguistiques.
    Merci d’avance.
    db

  • Marie et Manu

    Hello!!
    Nous sommes bien contents de découvrir tes aventures… on s’y croirait, mais je t’avoue que tu me fais filpper! On t’imagine perdue dans un trou paumé, entourée de grosse brutes sanguinaires… LOL!!
    En tous cas bon courage pour les poires!
    gros bisous
    Marie

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