Souvenir d’enfance

En croquant (craquant) cet après-midi un morceau de chocolat Côte d’Or praliné, de vieux souvenirs ont ressurgi à la manière d’un diable sortant de sa boîte.

Je me rappelle alors des chaudes journées d’été où nous enfourchions nos vélos et où nous pédalions à toute vitesse en direction de la frontière, impatients d’arriver à destination. Nous coupions à travers champs pour rejoindre des routes en mauvais état dans le but de la retrouver.

Là, perdue au milieu de la campagne du plat pays, il y avait une petite maison. On l’appelait la baraque Berthol. Peu importent l’orthographe ou l’origine du nom, cela contribue au mystère qui entoure l’endroit.

Une vieille dame tenait cette baraque. Elle savait, en nous voyant arriver, ce pourquoi nous étions venus. Pour quelques instants, elle délaissait alors son bar sombre et calme, ses rares clients aux allures de statues de cire et son feu de cheminée qui donnait à l’endroit son odeur si caractéristique. Puis elle se dirigeait à l’arrière-boutique faisant office d’échoppe pour retrouver nos rires d’enfants.

Je me suis souvent demandée qui pouvait faire ses achats à la barque Berthol, à part les mômes des environs. Les étagères étaient toujours encombrées d’articles poussiéreux qui devaient probablement déjà être des antiquités…

Puis le moment tant attendu arrivait. Nous posions devant elle une pièce de 10 francs qu’elle glissait aussitôt dans sa poche de tablier ou dans sa vieille caisse. Nos 10 francs étaient 10 petits sésames… "1 franc de ça, 1 franc de ça, 1 franc de ça"… Nous prenions alors probablement conscience de notre condition d’enfants gâtés. Ecoutant patiemment nos souhaits sucrés, elle remplissait nos sachets qui se gonflaient presque sans fin de crocodiles, délices acides, framboises Haribo et autres dragibus.

Je ne me rappelle que d’une silhouette, d’un chignon de grand-mère, je crois même n’avoir jamais vraiment entendu ou fait attention au son de sa voix. Probablement plus de quinze ans se sont écoulés depuis mon dernier passage à la baraque Berthol, mais l’atmosphère du lieu reste ancrée dans ma mémoire.

Je me souviens qu’avant de reprendre la route en nous goinfrant, cheveux au vent, l’odeur des blés fraîchement coupés nous caressant les narines, nous manquions rarement de toiser les furets en cage dans la cour dont le but était de réussir à nous pisser dessus…

Crédit Photo : Pörrö

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